aquariophilie d'eau douce
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D'où viennent les poissons

Le lac Tanganyka


D'où viennent les poissons


Les poissons exotiques d'eau douce sont d'abord mondialement répartis en fonction de leur "optimum thermique", ce qui nous amène à les découvrir dans les zones parallèles à l'équateur. Les eaux douces des pays chauds sont peuplées d'une variété et d'un nombre considérable d'individus.
Peut-être que ces régions rappellent ainsi les conditions qui existaient jadis au Tertiaire.

La distribution géographique des poissons exotiques d'eau douce offre logiquement plusieurs plans juxtaposés d'extensions différentes que règle le relief des divers continents.
La plupart des poissons sont donc cantonnés dans des bassins hydrographiques fermés par des obstacles naturels. Ces grands bassins se subdivisent en territoires moins étendus mais qui possèdent pour chacun d'eux des particularités climatiques (microclimats), géologiques et physico-chimiques favorables à la vie de certains poissons souvent exigeants.


Dans ces régions immenses les eaux douces se partagent en deux catégories :
les eaux courantes
et les eaux stagnantes. La dynamique et la composition chimique de ces eaux étant différentes, elles ont également une incidence capitale sur la distribution des poissons. Si l'on regarde une carte de la planisphère, l'on remarque que la zone équatoriale est la plus vaste et la plus humide du globe. Du point de vue piscicole cette zone où abondent les fleuves et les lacs recèle les grandes familles de poissons dont de nombreux représentants peuplent nos aquariums. Cette zone se compose de:

- la région néotropicale (Amérique centrale et le nord de l'Amérique du Sud).

- la région africaine (Afrique de l'Ouest et du centre)

- la région indomalaise (l'inde et tous les pays du Sud-Est asiatique)

- la région Océanienne (nord de l'Australie et de la Nouvelle Zélande

- la Nouvelle Guinée et toutes les grandes îles du Pacifique

La distribution des grandes familles de poissons, dans toutes ces régions n'est pas judicieusement répartie et il est difficile d'établir entre elles une ligne de démarcation. Cette disparité est d'abord due à des facteurs géographiques anciens qui ont bouleversé le relief de ces régions (soulèvements, effondrements, séparations des continents).
Il faut également tenir compte des successions des époques géologiques (Crétacé, Ohgocène, etc.) qui ont donné naissance ou anéanti certains groupes de poissons.

Les régions d'occupation des différentes espèces de poissons diffère d'une famille à l'autre. Certaines peuvent occuper des territoires restreints (poissons endémiques), d'autres comme les Characidae, Cichlidae, Anabantidae, l'ordre des Cyprino­dontiformes et le sous-ordre des Siluroidei monopolisent des continents entiers, voire se superposent sur plusieurs continents (poissons cosmopolites).

Cependant il faut savoir que la vie actuelle des poissons dans les eaux naturelles connaît de nombreuses difficultés. Le poisson pour s'y maintenir doit lutter à la fois contre les espèces prédatrices et contre les bouleversements du milieu physique dans lequel il est enfermé. Les exemples des crues montrent à quel point les bouleversements du milieu naturel sont considérables.
Et pourtant la vie s'en accommode. A cela rajoutez les actions négatives de l'homme qui après avoir saccagé le continent européen s'attaque depuis quelques décennies aux régions tropicales. Les causes essentielles de la destruction des habitats de ces poissons et plantes, sont:

- La déforestation qui est suivie de l'érosion des sols dont les matériaux arrachés par les pluies et charriés par les eaux modifient gravement la composition physico-chimique des fleuves, des lacs et consécutivement la biologie des poissons.

- La construction de barrages hydroélectriques (bouleversements physiques et éthologiques).

- Les pêches intensives (industrielles) qui réduisent le nombre des géniteurs.

- Les introductions irréfléchies de grands poissons prédateurs dans des biotopes stabilisés et équilibrés depuis des millénaires.

- Les pollutions agricoles dues à l'extension des surfaces cultivables et à l'emploi de produits polluants.

- Les pollutions industrielles (implantations progressives d'industries polluantes).

- L'exploitation intensive des gisements miniers (pétrole en particulier, avec sa cohorte de catastrophes).
Et bientôt (si ce n'est pas déjà commencé), l'enfouissement de nos déchets dangereux (résidus chimiques, etc.) dans les pays du tiers monde (biotopes de la plupart de nos poissons).

Au regard de ces graves perturbations qui affectent les eaux tropicales et dans le contexte actuel de la sauvegarde des milieux humides, l'aquariophilie s'inscrit dans une démarche de conservation des espèces piscicoles en danger de disparition. En effet, le potentiel de souches en possession des aquariophiles est en somme une véritable banque génétique.

 





Le lac Tanganyka

Le lac Tanganyika est classé parmi les plus grands tant en longueur qu'en profondeur. Il est aussi exceptionnellement vieux (plusieurs millions d'années.
Issu de l'écartement de deux plaques continentales, le lac fut totalement isolé durant de longues périodes. Il communiqua brièvement avec le Nil.
Puis en 1875, les eaux du lac se sont brutalement écoulées vers le Congo.
Bien que très profondes (plus de mille mètres), les eaux du lac ne sont favorables a la vie que sur les deux cents premiers mètres. Les couches inférieures sont dépourvues d'oxygène et très chargées en hydrogène sulfureux, toxique pour les poissons.
En raison de l'isolement du lac, une faune spécifique très variée a pu s'y développer. Plus de 300 espèces endémiques de pois­sons sont connues et répertoriées, et de nombreuses restent a découvrir. On y trouve aussi des crabes, des crevettes, des éponges et des méduses.

Devant cette faune hors du commun, il n'est pas étonnant qu'en 1903, le biologiste J.E.S Moore, ait cru alors avoir affaire a un lac "relique", d'origine marine.
Dans ce contexte, les Cichildés représentent la faune piscicole dominante des eaux côtières, avec au moins 200 espèces, presque toutes endémiques du lac. Leur remarquable capacité d'adaptation résulte de spécificités physiologiques et morphologiques.
Ils ont ainsi pu conquérir une grande variété de niches écologiques. La côte zambienne est la partie du lac ou la faune est la plus riche, avec des espèces et des populations de Cichildés inconnues ailleurs.
Cela s'explique par le fait que cette côte représente des territoires récemment immergés (il y a environ 17000 ans, lors de la dernière remontée des eaux).
Cela a permis la colonisation de nouvelles zones et l'isolement de populations, qui ont muté en de nouvelles races ou espèces. On trouve ainsi une cinquantaine d'espèces en Zambie, dont certaines ne vivent que la. C'est le cas d'Altolamprologus Sp. "corepressiceps shell", plus petit que son cousin A. compressicepa. Sa taille lui permet d'utiliser des coquilles d'escargots pour se réfugier et pondre ses oeufs. le plus petit Cichîldé du monde, Neolamprologus multifaciatus, ne se rencontrerait que dans cette partie du lac.

De nombreuses espèces ont par ailleurs une variété chromatique localisée en Zambie Aulonocranus dewindti, Simochromis pieurospilus, Geathochromis permaxillaris et Ectodus descampsii.
Ces deux dernières possèdent le corps ou les nageoires colorés en jaune. De nombreuses races zambiennes arborent généralement des couleurs plus chaudes comme le jaune, l'orange ou rouge.
Ce sont des poissons au caractère parfois très affirmé, attrayants pour l'aquariophilie.
Quelques exemples: Lamprologus ocellatus "gold"( le plus coloré des conchylicoles) ou encore le Xenotilapia flavipinnis. Cependant deux poissons font exception: le Neolamprologus sexfaciatus est bleu en Zambie et jaune partout ailleurs, et le Cyphotilapia frontosa dont la tête est bleue dans cette partie du lac.
Mais on trouve surtout de remarquables Tropheus.
Ils sont rouge orangé, avec deux chevrons sur la tête et des tâches aux contours précis sur les joues.
Plusieurs variétés de cette espèce vivent dans des zones infestée de crocodile, ce qui explique leur rareté et donc leur prix. Hélas il existe actuellement de sérieux problèmes d'érosion des terrains situés autour du lac, engendrés par les feux de forêts allumés par l'homme.
La présence des feux est permanente, jour et nuit. Les déserts de cendres causés par ces feux serventà la culture intensive de Kasava, un tubercule séché puis réduit en poudre et cuit dans l'eau pour produire une pâte. Le Kasava est l'ingrédient principal, voire unique des repas locaux. Ces feux volontaires ont toujours existé et font partie de la culture de ses populations.
Cependant , la densité de population augmente et les proportions de la déforestation deviennent inquiétantes. Le relief est très escarpé autour du lac et cette typographie favorise d'importantes coulées de boue pendant la saisons des pluies. Ces sédiments empêchent le développement des algues car ils recouvrent les roches et diminuent la pénétration de la lumière dans l'eau devenue trouble. Toutes ces perturbations ont des conséquence sur la nourriture et la reproduction.

Des scientifiques ont démontré une diminution du nombre d'éspèces proportionnellement aux taux de déforestation. Mais la déforestation, est un mal indispensable à la survie de la population.

 

 
   
 


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